Page:Radcliffe Chastenay - Les Mysteres d Udolphe T1.djvu/94

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


plusieurs frères vinrent les regarder ; le premier moine reparut, et les conduisit au supérieur. Il étoit dans une chaise à bras ; un gros volume étoit devant lui, soutenu d’un large pupitre. Il reçut les voyageurs poliment, quoique sans se lever, leur fit peu de questions, et consentit à leur demande. Après un entretien fort court, et les complimens du supérieur, on les mena dans la pièce où le souper devoit être servi, et Valancourt, qu’un des frères voulut accompagner, fut retrouver Michel, la voiture et les mules. Ils avoient à peine descendu la moitié du chemin, que la voix du muletier fit retentir tous les échos ; il appeloit Saint-Aubert, il appeloit Valancourt. Convaincu, non sans peine, que ni lui ni son maître n’avoient plus rien à redouter, il se laissa conduire dans une cabane, au bord des bois. Valancourt revint à la hâte partager le souper de ses amis, tel que les moines avoient pu le disposer. Saint-Aubert étoit trop souffrant pour manger. Emilie, inquiète pour son père, ne savoit pas songer à elle, et Valancourt, muet et pensif, mais toujours occupé d’eux, ne paroissoit penser qu’à soulager et fortifier Saint-Aubert.

Ils se séparèrent de bonne heure, et