Page:Radcliffe Chastenay - Les Mysteres d Udolphe T1.djvu/95

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se retirèrent à leurs appartemens. Emilie coucha dans un cabinet, à côté de la chambre de son père : triste, pensive, occupée de l’état de langueur où elle voyoit Saint-Aubert, elle se coucha sans espoir de dormir.

Peux heures après, une cloche se fit entendre, et des pas précipités parcoururent les corridors. Peu faite aux usages des cloîtres, Emilie fut alarmée ; ses craintes, toujours vivantes pour son père, lui firent supposer qu’il étoit plus mal ; elle se leva à la hâte pour voler à lui, mais s’étant arrêtée un moment à la porte pour laisser passer les religieux, elle eut le temps de se remettre, de rappeler ses idées, et de comprendre que la cloche avoit sonné matines. Cette cloche ne sonnoit plus, tout étoit paisible, elle n’alla pas plus loin ; mais hors d’état de se rendormir, et invitée d’ailleurs par l’éclat d’une lune brillante, elle ouvrit sa fenêtre et considéra le pays.

La nuit étoit calme et belle, le firmament était sans nuage, et le zéphyr à peine agitoit les arbres de la vallée. Elle étoit attentive, lorsque l’hymne nocturne des religieux s’éleva doucement de la chapelle. Cette chapelle étoit plus basse, et le chant