Page:Rambosson - Histoire des Météores, 1883.djvu/64

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On explique ces phénomènes par l’arrangement particulier que prennent les molécules pour former la cristallisation.

L’augmentation du volume de l’eau au moment où elle gèle est une des plus remarquables, et demande de grandes précautions pour éviter les nombreux accidents qu’elle peut occasionner.

Il est nécessaire, par exemple, à l’approche des gelées, de vider les fontaines, les conduits et les autres vases exposés à la température de l’air extérieur ; sans cette précaution, ils peuvent être brisés, quelque solides qu’ils soient ; un effet analogue pourrait être produit par les autres substances dont le volume augmente au moment de leur solidification.

La force de dilatation de l’eau qui passe à l’état de glace est énorme. Hales remplit de ce liquide une bombe qui avait environ un centimètre d’épaisseur. Il ferma l’ouverture avec un bouchon retenu par une forte presse, et fit geler le liquide en l’exposant à un froid artificiel considérable ; la glace n’avait que deux centimètres d’épaisseur lorsque la bombe se fendit en trois morceaux.

Les terribles effets de la poudre à canon ne sont dus qu’à l’expansion subite des gaz à laquelle son inflammation donne lieu, la vapeur chauffée en vase clos est capable de produire des effets plus étonnants encore.

Vauban, en comparant la force de la vapeur à celle de la poudre, a trouvé que 70 kilogrammes d’eau réduite en vapeur pouvaient soulever un poids de 38 milliers ; et il faut, ajoute-t-il, près de 130 kilogrammes de poudre pour produire le même effet.