Page:Rameau - Notes historiques sur la colonie canadienne de Detroit, 1861.djvu/13

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çaises le germe d’une société en formation régulière et rationelle, propre à se mûrir, à se bien ordonner et à acquérir ce caractère de stabilité honnête, nécessaire à une vraie civilisation. Nulle part vous ne trouverez une société sérieuse, originale dans son existence et son développement, qui n’ait commencé sous une forme quelconque par le patriarchat ; celui-ci agglomère et digère en quelque sorte les divers petits groupes qui doivent former le grand ensemble, et la société finit par acquérir dans une proportion bien équilibrée, la force d’attaque, celle de résistance, et aussi la force en réserve, qui sont partout aujourd’huy reconnues nécessaires pour la constitution de tout corps organisé.

Le gentilhomme qui avait fondé le Détroit était entièrement placé dans ce milieu d’idées, commun à tous ses contemporains, et il était entré résolument dans son application, il avait amené avec lui, dans ce lieu désert, sa femme et ses enfants. Les régistres de Détroit nous montrent que quatre de ses enfants naquirent en ce lieu, il y avait fait venir un de ses neveux, il s’était en un mot voué à ce pays corps et âme, lui et les siens, et y avait attaché sans réserve sa fortune et celle de sa famille. Il n’y a point lieu de s’étonner alors de l’activité incessante qu’il déploya pour la formation et