Page:Rameau - Notes historiques sur la colonie canadienne de Detroit, 1861.djvu/30

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tait si fort accru pendant ce temps, persista et s’augmenta encore, la garnison qui avait été augmentée donna aussi la facilité d’y établir un bien plus grand nombre de soldats congédiés ; bref en 1754 on atteignait une moyenne de 30 naissances et de 7 à 8 mariages par an. En dépit de la guerre et des circonstances difficiles qu’elle créa bientôt dans toute la colonie du Canada, cette progression se maintint, et en 1760 la moyenne annuelle des naissances dépassait 40, la population devait être alors de 1400 âmes environ, (j’entends parler ici seulement des gens établis à demeure dans le pays) elle avait ainsi augmenté de 150 pour 100 en dix ans. Dans ce chiffre je comprends les habitants des deux côtés du Détroit car dès lors il y avait des habitants établis de ce côté au sud de la rivière.

Il est visible par la suite de ces détails, que si cet état de choses se fut continué paisiblement avec la domination Française, le nombre des habitants se serait certainement élevé en 1780 — vingt ans après à 7 ou 8000 âmes — et aurait dépassé 20,000 en 1800, lors même que le gouvernement Français fut demeuré dans la plus complète incurie. Or, en 1800, il ne s’y trouva pas 6000 âmes, ce qui montre combien la conquête Anglaise, fut nuisible au développement