Page:Rameau - Notes historiques sur la colonie canadienne de Detroit, 1861.djvu/39

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C’est donc une occasion à saisir, car une fois cette crise passée, les choses reprendront leur cours et avec le mouvement ascendant de la population, la terre ira toujours croissant de valeur. Que chacun dans la limite de ses forces, s’emploie donc à s’assurer les terres non cultivées pendant qu’il y en a encore ; sinon vos enfants ou petits enfants diront aussi un jour, quand on ne voudra plus leur vendre de terres que dépouillées de toute valeur en bois, et à un prix double ou triple de celui qu’on demande maintenant, ils diront à leur tour : Ah combien nos pères ont été malavisés, de ne point acheter toutes ces terres, quand elles étaient toutes boisées et à si bon compte ! Il faut donc aujourd’huy faire non seulement le possible, mais en quelque sorte l’impossible pour vous assurer ce qui en reste, et chaque père de famille devrait tenir à honneur, en se privant s’il le faut, d’établir de son vivant chacun de ses garçons sur une terre nouvelle, en laissant à l’aîné, intact et sans morcellement, l’ancien patrimoine de la famille.

Toutes ces considérations nous ont un peu écarté de la suite de nos études sur le développement de la population française du pays. Nous l’avons laissé en 1816 forte de 2600 âmes et déjà divisée en trois paroisses. En 1823 il