Page:Rameau - Notes historiques sur la colonie canadienne de Detroit, 1861.djvu/42

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s’arrogeant une supériorité prétendue ; combien de fois ne les avez vous pas entendu dire que c’étaient de braves gens, mais ignorants, incapables, arriérés ; cependant les documents, la tradition, les souvenirs écrits et parlés ne tiennent point le même langage.

Sans doute ils ignoraient beaucoup de procédés qui ont été imaginés, ou simplement importés, depuis eux, sans doute il est bon et même nécessaire aujourd’huy, d’ajouter et même de changer bien des choses aux usages qui leur étaient familiers ; avec la population qui croit, il est indispensable de s’appliquer à accroître aussi les produits de la terre et de l’industrie de l’homme. Mais pour leur époque et pour leur situation ils valaient bien ceux qui les critiquent et sous plus d’un rapport il valaient mieux.

Ils n’étaient ni aussi dénués, ni aussi ignorants qu’on veux bien le dire, dès longtemps avant la venue des Américains en ce pays, alors que ceux-ci n’auraient même point osé passer les Monts Alleghanys, tous les corps d’état se trouvaient représentés à Détroit — charpentiers, charrons, forgerons, armuriers ; il y avait une tannerie, une distillerie, plusieurs moulins à scie et à farine, et même un brasseur — les sœurs de la Congrégation tenaient une école