Page:Rameau - Notes historiques sur la colonie canadienne de Detroit, 1861.djvu/53

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ment partout où se trouvent des populations canadiennes, et en voici la raison. L’envahissement de l’émigration anglo-saxonne, qui vous a tellement pressé et foulé il y a 19 ou 20 ans, est aujourd’huy à peu près cessé, et il n’est pas probable qu’elle reprenne cours désormais, précisément parce que les terres qui restent encore incultes ont acquis un prix un peu élevé. L’émigrant quitte bien l’Europe pour trouver des terres à très bon marché, mais il ne se déciderait pas volontiers à changer de pays pour prendre des terres chargées d’un prix onéreux.

Les choses ont donc recouvré à peu près leur cours naturel, — et nous trouvons, d’une part, vous, qui dans votre paisible et traditionnelle existence, croissez et multipliez avec vos nombreuses familles, — attachés au sol conquis par vos aïeux, et où depuis longues générations reposent leurs cendres ; vous, attachés au sol, et prêts au besoin à faire des sacrifices pour y rester. D’autre part, nous voyons l’Anglais ou l’Américain, dont les familles croissent moins vite que les vôtres, et qui avec leur esprit inquiet, cupide et moins affectionné au sol, sont toujours prêts à chercher du nouveau : Go ahead, comme ils disent, toujours prêts à courir après une nouvelle patrie pourvu qu’elle