Page:Rameau - Notes historiques sur la colonie canadienne de Detroit, 1861.djvu/67

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non loin de vous le Canada, ce pays dont sont sortis vos pères, grandit aussi, s’accroît et inquiète par cette croissance même, les étrangers vaniteux et présomptueux qui cherchent à peser sur vous. Le Canada grandit et grandit par lui même, sans recevoir le secours d’aucune immigration, sa population se double tous les 20 ans, les Franco-Canadiens n’étaient que 650 mille il y a 10 ans, ils comptent aujourd’huy 900 milles âmes.

Non seulement ils croissent en nombre mais aussi en influence et sans doute en habileté, car vos voisins les Anglais de ce pays se plaignent amèrement d’être gouvernés par eux, et prétendent qu’aujourd’hui les Français du Haut-Canada ont pris le haut bout du Pouvoir, et les oppriment. — On peut lire ces lamentations tous les jours dans le Globe de Toronto et même dans les discours du Parlement. — Cependant ils élisent un nombre égal de députés, et ils se prétendent plus riches plus instruits et plus habiles ; mais pour se défendre ils réclament le privilège d’avoir plus de députés que les Bas-Canadiens ; pour ne pas être victimes il faut qu’ils soient deux contre un ; tant que la partie sera égale homme contre homme, voix contre voix ils se reconnaissent d’avance comme battus ; — ils ne sont point de force à lutter disent-ils, et ils se posent en victimes !