Page:Rameau - Notes historiques sur la colonie canadienne de Detroit, 1861.djvu/68

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Qu’est donc devenue alors cette prétendue supériorité dont ils se targuent, au moment de s’en servir on ne trouve plus rien ; l’habileté de la race supérieure n’était-elle qu’une bulle de savon ? Hélas toutes ces déclamations n’étaient que des humbugs ; le masque tombe, l’homme reste et le héros s’évanouit.

Une fois de plus il se prouve ainsi que toute l’intelligence humaine ne consiste pas à savoir aligner des chiffres, conduire une boutique, diriger une manufacture ; il ne suffit même pas d’avoir su améliorer les procédés au moyen desquels on devient riche par quelques banqueroutes habilement conduites. Cette finesse, et tout cet esprit de ruse perfectionnée, n’atteint qu’un assez médiocre degré de l’intelligence humaine ; moins expérimentée peut-être sur de pareils sujets, elle peut néanmoins être supérieure par d’autres côtés ; savoir diriger les intérêts élevés de l’humanité, n’a rien de commun en effet avec le maniement des barils de mélasse, ou le tripotage des faillites. Il faut avoir d’autres notions, que les Yankee’s notions, et avoir casé dans sa tête d’autres réflexions et une instruction plus solide, que la bouillie abondante mais fade que l’on débite dans les school’s boards anglais. C’est en partie en effet à l’instruction sérieuse, sévère, et plus