Page:Ratisbonne - Au pays des âmes, 1870.djvu/12

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l’ombre du pauvre.

Reviens, ma pauvreté ! mais que je vive encor !


la vierge folle.

Je dansais tout à l’heure ! et mon miroir fidèle
Avec mes amoureux me disait la plus belle.
La vie était un bal ; oh ciel ! déjà fini !…
Tous mes bouquets fanés et mon beau corps terni !


l’ombre d’un vieillard, s’approchant d’un jeune homme qui est resté à l’écart, sur le devant de la scène, dans une noble attitude.

Pourquoi ne dis-tu rien, toi, fantôme impassible ?
Es-tu seul parmi nous à la mort insensible ?
Posé comme un lion devant l’éternité,
Qui t’a donné ton calme et ta sérénité ?
Cependant sous les lis de la mort qui te presse
Ton pâle front rayonne encore de jeunesse.

(Le fantôme ouvre son linceul.)

Une balle en plein cœur, et l’épée au côté !
Qui donc es-tu ?