Page:Ratisbonne - Au pays des âmes, 1870.djvu/15

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le jeune homme.

Ton nom ? Je n’en ai point, car je meurs inconnu.


le vieillard.

Qui t’a poussé ?


le jeune homme.

Qui t’a poussé ? Mon cœur !


le vieillard.

Qui t’a poussé ? Mon cœur ! Et qui t’a soutenu ?


le jeune homme, tirant un livre de son sein.

Mon cœur !… Et puis encor… ce livre, une merveille !
Un maître de la vie et de la mort, Corneille,
Un poëte français connu dans l’univers !
Et j’aiguisais mon âme en relisant ses vers !
Pour la garder toujours sereine et bien trempée,
J’ai mis sa tragédie auprès de mon épée,
Et je la porte encor sur mon cœur, tu le vois.


le vieillard.

Qu’avait donc de si doux et de si grand sa voix ?