Page:Ratisbonne - Au pays des âmes, 1870.djvu/18

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Brûlant d’un feu divin par la terre étouffé,
Corneille est applaudi, Corneille a triomphé !


le vieillard.

Courir de lutte en lutte aux trépas magnanimes
Et signer de son sang des chimères sublimes,
Il t’a bien conseillé ! Mais, débile mortel,
Au dévoûment qui meurt que reste-t-il ?


le jeune homme.

Au dévoûment qui meurt que reste-t-il ? Le ciel !


le vieillard.

Quel est donc ton espoir parmi ces lieux funèbres ?


le jeune homme.

C’est de voir tout à coup resplendir les ténèbres ;
C’est de sentir mon cœur tout saignant, transporté
Au sein de la justice et de la liberté !
Dans un monde meilleur de gloire et de lumières
D’aller, l’Ange l’a dit, d’aller avec mes frères,
Au milieu des vaillants, des martyrs, des soldats,
Condé me saluant, Corneille ouvrant ses bras !