Page:Raynal - Histoire philosophique et politique des établissemens et du commerce des Européens dans les deux Indes, v1.djvu/107

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des deux Indes.
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ſa femme, ſi elle y conſent ; le père vendre fon fils, s’il en a plufieurs. De ces deux loix, l’une eſt infâme, l’autre inhumaine. La première réduit la mère de famille à la condition de proftituée ; la féconde l’enfant de ta maifon à l’état d’eſclave.

Les différentes claſſes d’eſclaves font énormément multipliées parmi les Indiens. La loi en permet l’affranchiflement qui a ſon cérémonial. L’eſclave remplit une cruche d’eau ; y met du riz qu’il a mondé avec quelques feuilles d’un légume ; il ſe tient debout devant ſon maître, la cruche ſur ſon épaule, le maître l’élève ſur ſa tête, la caſſe, & dit trois fois, tandis que le contenu de la cruche ſe répand fur l’eſclave : Je te rends libre, & l’eſclave eſt affranchi.

Celui qui tuera un animal, un cheval, un bœuf, une chèvre, un chameau, aura la main ou le pied coupé ; & voilà l’homme mis ſur la ligne de la brute. S’il tue un tigre, un ours, un ferpent, la peine fera pécuniaire. Ces délits ſont des conséquences ſuperſtitieuſes de la métempſycoſe, qui, faiſant regarder le corps d’un animal comme le domicile d’une ame humaine, montre la mort