Page:Raynal - Histoire philosophique et politique des établissemens et du commerce des Européens dans les deux Indes, v1.djvu/129

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ſouvenir au-moins que les diſtinctions de la naiſſance ſont de convention, & que tous les hommes, ſans exception, ſont frères, enfans du même Dieu. Il n’en eſt pas ainſi. Quelques tribus, il eſt vrai, ſe rapprochent & ſe confondent au pied des autels : mais les dernières éprouvent les humiliations de leur état juſque dans les pagodes.

La religion qui confacre cette inégalité parmi les Indiens, n’a pas cependant ſiiffi pour les faire renoncer entièrement à la conſidération dont jouiſſent les claffes fupérieures. L’ambition naturelle s’eſt fait quelquefois entendre, & a inſpiré à quelques eſprits inquiets des moyens bien ſinguliers pour partager avec les bramines les reſpects de la multitude. C’eſt-là l’origne des moines connus dans l’Inde fous le nom de Jogueys.

Les hommes de toutes les caſtes honnêtes ſont admis à ce genre de vie. Il ſuffit de ſe livrer, comme les bramines, à la contemplation & à l’oiſiveté ; mais il faut les ſurpaſſer en mortifications. Auſſi les auſtérités que s’impoſent nos plus enthoufiaftes cénobites n’approchent-elles pas des tourmens horribles auxquels ſe condamne un moine In-