Page:Raynal - Histoire philosophique et politique des établissemens et du commerce des Européens dans les deux Indes, v1.djvu/46

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Histoire philosophique
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On les perſécuta, on les pilla, on les proſcrivit. Ils inventèrent les lettres-de-change, qui mirent en ſureté les débris de leur fortune. Le clergé déclara le change uſuraire ; mais il étoit trop utile pour être aboli. Un de ſes effets fut de rendre les négocians plus indépendans des princes, qui alors les traitèrent mieux, dans la crainte qu’ils ne portâſſent ailleurs leurs richeſſes.

Ce furent les Italiens, plus connus ſous le nom de Lombards, qui profitèrent les premiers de ce commencement de révolution dans les idées. Ils obtinrent, pour les petites ſociétés qu’ils formoient, la protection de quelques gouvernemens, qui dérogèrent pour eux aux loix portées, dans des tems barbares, contre tous les étrangers. Cette faveur les rendit les agens de tout le Midi de l’Europe.

Le Nord parut ſe réveiller auſſi ; mais un peu plus tard, & plus difficilement encore. Hambourg & Lubec ayant entrepris d’ouvrir un commerce dans la mer Baltique, ſe virent obligés de s’unir pour ſe défendre contre les brigands qui infeſtoient ces parages. Le ſuccès de cette petite ligue détermina d’autres villes