Page:Raynal - Histoire philosophique et politique des établissemens et du commerce des Européens dans les deux Indes, v1.djvu/57

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& juſques dans les deux ſiècles ſuivans, les troupes Allemandes furent plus célèbres par leurs cruautés, que par leur diſcipline & leur courage.

Le Nord étoit encore moins avancé que l’Allemagne. Il étoit opprimé par les nobles & par les prêtres. Aucun des peuples qui l’habitoient, n’avoit conſervé cet enthouſiaſme de gloire, que leur avoit autrefois inſpiré la religion d’Odin ; & ils n’avoient encore reçu aucune des loix ſages, que de meilleurs gouvernemens ont données depuis à quelques-uns d’entre’eux. Leur puiſſance n’étoit rien ; & une ſeule ville de la Grande Anſe faiſoit trembler les trois couronnes du Nord. Elles redevinrent des nations après la réforme de la religion, & ſous les loix de Frédéric & de Guſtave Vaza.

Les Turcs n’avoient ni la ſcience du gouvernement, ni la connoiſſance des arts, ni le goût du commerce ; mais les Janiſſaires étoient la première milice du monde ; & il n’a manqué qu’un ſeul verſet dans l’Alcoran, pour que des peuples, ſur leſquels la religion a confervé juſqu’ici la plus grande influence, ne devinſſent les maîtres de la terre. Si