Page:Raynal - Histoire philosophique et politique des établissemens et du commerce des Européens dans les deux Indes, v1.djvu/60

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


des jeux, des danſes, des amuſemens, le clergé, qui ſentit que ces diſpoſitions à la joie rendroient les peuples moins religieux, proſcrivit ces jeux, excommunia les hiſtrions. Mais lorsqu’il vit que ſes cenſures n’étoient pas aſſez reſpectéés, il changea de conduite ; il voulut lui-même donner des ſpectacles. On vit naître les comédies ſaintes. Les moines de Saint-Denis, qui jouoient la mort de Sainte Catherine, balancèrent le ſuccès des hiſtrions. La muſique fut introduite dans les égliſes ; on y plaça même des farces. Le peuple s’amuſoit à la fête des fous, à celle de l’âne, à celle des innocens, qui ſe célébroient dans les temples, autant qu’aux farces qui ſe jouoient dans les places publiques. Souvent, par un ſimple attrait de plaiſir, on quitta les danſes des Égyptiennes pour la proceſſion de la Saint Jean. Lorſque l’Italie acquit de la politeſſe, & qu’elle en mit dans ſes plaiſirs, les ſpectacles publics, les fêtes profanes eurent encore plus de décence ; les prêtres eurent une raiſon de moins de les cenſurer, & ils les tolérèrent. Ils avoient été long-tems les ſeuls hommes qui ſuſſent lire ; mais ce mérite, devenu