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LES NUITS CHAUDES DU CAP FRANÇAIS


gier chez elle, pour la marier à cet homme, qui d’après ce qu’elle m’a laissé entendre, ne cherche que l’argent. Elle pense que ce mariage lui donnera un nouvel ascendant sur Montouroy et lui rendra son amour. Quant à Antoinette, elle la sacrifie sans remords, avec sa fortune.

Dire que j’ai pu me fier à cette femme et que j’avais songé un instant, à unir Antoinette à ce gredin !

Ah ! que cette journée est affligeante. Il me semble que j’ai perdu considération, honneur, et que ma chère Antoinette n’est plus à moi. Elle paraissait, l’autre soir, m’être si attachée ! Agathe lui a-t-elle dit du mal de moi ? Je tremble que Zinga ne lui raconte la mort de Mme Lafon.

Canaille ! si tu en avais l’audace, je te tuerais !

Mais non, Antoinette n’a que l’indifférence de son âge. Je dois la surveiller davantage, l’amuser, lui donner mille plaisirs. Il faudra bien qu’elle m’aime.

Surtout j’aurai l’œil sur mes ennemis.

Par une soirée étouffante, nous étions tous réunis dans le salon des jalaps : Mme de Létang, Agathe auprès d’Antoinette, Mme Du Plantier, le docteur Chiron, l’abbé de La Pouyade et moi. De la galerie vitrée dont les volets viennent d’être retirés, nous pouvons découvrir la mer que le ciel, couvert de