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MORCEAUX CHOISIS ET PENSÉES

furent expédiés aux parlements de France et aux astronomes étrangers. C’était un premier pas vers l’uniformité, et bientôt la toise du Pérou, comme on l’appelait, servit à l’étalonnage du mètre.

Parmi les réformes urgentes, demandées dans les cahiers de 1789, on retrouve sans cesse celle des poids et des mesures : on les veut « simples et les mêmes dans tout le pays ».

Le 8 mai 1790, sur la proposition de Talleyrand, l’Assemblée constituante engage les rois de France et d’Angleterre à se concerter pour adopter la même unité. Cette mesure (par exemple, la longueur du pendule à seconde proposée autrefois par Picard) eût été fixée par une commission composée, en nombre égal, d’académiciens de Paris et de membres de la Société royale de Londres.

L’Académie des sciences discuta seule la question, et sa commission (Borda, Lagrange, Laplace, Monge et Lavoisier) rejeta le pendule « pour ne pas mêler à une question de longueur des considérations de mouvement et de temps », et elle proposa la dix-millionième partie du quart du méridien. La tradition attribue à Laplace la conception de l’ensemble du système, à Borda le plan des opérations géodésiques, et à Lavoisier le kilogramme.

Le 26 mars 1791, un décret de l’Assemblée constituante adopta la circonférence terrestre comme base et prescrivit les travaux nécessaires.

« Prendre pour unité de longueur usuelle la dix-millionième partie du quart du méridien et rapporter la pesanteur de tous les corps à celle de l’eau distillée,