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SUR LES DIEUX DE LA GRÈCE,

conquérant célèbre ; il délivra les nations des tyrans, et Sitâ, son épouse, du géant Râvan, roi de Lankâ, et commanda en chef une race nombreuse et intrépide de ces grands singes que nos naturalistes, ou au moins quelques-uns d’entre eux, ont nommés satyres indiens (120). Son général, le prince des satyres, s’appeloit Hanoumat, ou l’homme aux pommettes élevées ; et, avec des ouvriers aussi agiles, il eut bientôt construit sur la mer un pont de rochers, dont une partie subsiste, encore, au rapport des Hindous. C’est probablement la suite de rochers à laquelle les Musulmans ou les Portugais ont donné le nom bizarre de Pont d’Adam ; il devoit s’appeler Pont de Rama. Ne se pourroit-il pas que cette armée de satyres eût été seulement une race de montagnards civilisés par Râma, si ce monarque a jamais existé ? Quoi qu’il en soit, les Hindous ont aujourd’hui en grande vénération l’immense famille des . singes indiens ; et ces animaux sont pieusement nourris par les Brahmanes, qui paraissent avoir pour leur subsistance des fondations en règle dans deux ou trois endroits situés sur les bords du Gange. Ils vivent par tribus de trois ou quatre cents, sont d’une extrême douceur (j’en parle comme témoin oculaire), et paraissent avoir une espèce d’ordre et de subordination dans leur petite police forestière. Il ne faut point passer sous silence que le père de Hanoumat Pavan,dieu étoit je djeu vent, nommé Pavan, l’un des huit génies ; et de même que Pan perfectionna la flûte en y ajoutant six tuyaux, « et » joua parfaitement du luth quelques instans après sa naissance, » de même l’un des quatre systèmes de la musique indienne porte le nom de Hanoumat, ou Hanouman (121) au nominatif, comme celui de son premier inventeur, et jouit maintenant de l’estime générale.

La guerre de Lankâ est représentée sous une forme dramatique à la fête de Râma, le neuvième jour de la nouvelle lune de Tchaitra (122) ; et, au rapport d’HolwelI, qui y avoit assisté, le au drame se termine par une représentation de l’épreuve du feu moyen de laquelle Sitâ, l’épouse du vainqueur, prouva sa fidélité conjugale. « Le dialogue, ajoute-t-il, est pris des dix-huit livres