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NOTES.

du P. Paulin de Saint-Barthélemi, de affinitate Unguarum Samscrdamiccc, Persicœ et Germanie a, &c.

(155) M. Jones ne fait de Proserpine qu’une divinité simple. D’après ce principe, M. Hamilton ne voit point de difficulté à regarder Câlî comme représentant Hécate ainsi que Proserpine : mais cette réunion des deux déesses en une seule semble contraire à l’opinion généralement adoptée par les anciens mythologues ; et puisque M. Jones convient n’avoir pas trouvé la représentante de Diane dans le Panthéon indien, Hécate, qui n’est qu’une autre forme de cette déesse, n’en aura pas non plus.

(156) M. Jones veut ici parler du Laky poudjâ, qui tombe dans la pleine lune de septembre, et se célèbre pendant une nuit entière, et du Kalleka, Câlkï ou Câli poudjâ : ces trois mots sont synonymes. Cette fête se célèbre le dernier jour de la lune de septembre. Câlî est adorée généralement par tous les Hindous pendant toute la nuit, mais avec une solennité particulière, à Câlighât, environ à trois milles sud de Calcutta. La se voit une ancienne pagode dédiée à cette déesse, et située près d’un ruisseau très-petit, que les Brahmanes regardent comme l’ancien lit du Gange. Différentes portions de la déesse indienne sont adorées dans différens cantons de l’Inde ; on révère ses yeux à Câlighât, sa tête à Bénârès, ses mains à Bindoubend. Nous ne nous rappelons pas où se trouvent les autres parties de son corps. Selon M. Holwell, le nom de Câlî que porte cette déesse, lui vient de la couleur de son vêtement, qui est noir : Câlî, dit-il, signifie de l’encre. On dit qu’elle s’élança, complètement armée, de l’œil de Dourgâ, au moment où cette dernière étoit poussée à outrance par les tyrans de la terre, dont on voit les têtes suspendues au cou de Câlî.

Dans la fête dont il s’agit, on fait des offrandes aux mânes des ancêtres décédés ; mais outre ces cérémonies, qui ont lieu tous les ans à la même époque, chaque Hindou célèbre l’anniversaire de la mort de son père par un jeûne, par un acte d’adoration envers les mânes, que l’on appelle baap ka sourraad [ consacré au père]. M. Holwell remarque en passant que, dans tout le Devonshire, le mot Cah désigne la couleur noire. Nous laissons, dit-il, aux curieux le soin d’expliquer comment il se fait que la même combinaison de lettres présente à deux peuples si éloignés l’un de l’autre, absolument la même idée. Voyez Holwell’s Interesting historical events relative to the provinces of Bengal and the empire