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Deuxième Partie.

qui, de celle de Muhammad, ne gardait presque que le nom et quelques formes sans importance. Pendant des siècles les chiites étaient dans une situation assez précaire ; si un prince les tolérait, un autre les pourchassait.

Il n’est pas étonnant alors, qu’ils aient cherché un refuee dans le ketmân : «Ils considèrent la dissimulation en matière de religion comme permise, c’est-à -dire que, par crainte des hommes, ils confessent extérieurement, en faits et en paroles, une autre religion que la leur»^ Parmi les sectes des chiites, aucune n’a eu un tel renom que celle des sept iraâms, ordinairement appelé l’ismaélisme. Les Ismaéliens étaient les chiites extrêmes, et leurs doctrines étaient tellement mêlées d’éléments hétérogènes que, selon le Tabsirat-el-awam, ils étaient appelés hurramites à Ispahan, mazdakites à Qazvïn, mages (c. -à-d. zarathustriens) en Transoxanie ^.

D’ailleurs, ils étaient souvent qualifiés de hafimms, parce qu’ils usaient largement de l’interprétation allégorique et cherchaient une signification intérieure (hatin) dans l’écriture sainte.

Vers la fin du 9«^ siècle le Persan Abu Mai m un Qaddâh (l’oculiste) et son fils ’Abd-alhïh mirent l’ismaélisme en système et en firent une solide organisation jésuitique, bâtie sur l’obéissance aveugle envers le grand-maître ’Abd-allâh et ses successeurs.

Très peu des initiés parvinrent au neuvième et dernier grade, où toutes les religions positives étaient traitées de formes sans importance ; dans le huitième une doctrine assez analogue à celle des anciens zervânites avait été développée ^ .

Sous le califat ismaélite des Fâtimides, l’Egypte était le centre de la secte, et c’est ici que Naçir Husrau d’al)ord, ’

Kitubi biijnnehaduoi (Schefer : Chrestomathie persane I, texte persan p. 158).

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Schefer : Chrest. pers. I, notices p. 177 et 180. 3 Un résumé très instructif des doctrines et de l’histoire des Ismaéliens se trouve dans la «Literary History of Persia» de Browne I, pp. 391 sqq.