Page:Reclus - L'Homme et la Terre, tome III, Librairie universelle, 1905.djvu/140

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.
122
l’homme et la terre. — inde

tement vers la rivière de Kabul et se rattachant ainsi au fil de jonction entre l’Inde et l’Iran occidental.

Ces lieux de passage, si importants par leur position même, dans l’histoire du monde, acquièrent, en outre, une valeur exceptionnelle par
D’après une photographie.
type d’hindou
leurs ressources minières. On sait de quel prix étaient jadis pour les populations occidentales les armes et les instruments de bronze ; or les gisements d’étain, où l’on trouvait le métal nécessaire aux alliages, sont rares à la surface du globe et plusieurs des régions minières les plus abondantes étaient inconnues des Grecs. Avant que les Phéniciens eussent appris le chemin des îles Cassitérides, les seuls lieux producteurs d’étain fréquentés par les marchands étaient ceux de l’Ibérie caucasienne et du Paropamisus, le moderne Hindu-kuch. De nombreux gisements, où l’on reconnaît encore les restes de puits et de galeries d’extraction, se trouvent dans le pays de Bamian, près du faîte de partage entre les affluents de l’Oxus, de l’Indus et du Helmend (Fr. Lenormant).

La voie historique du Bamian a été si fréquemment suivie par les armées conquérantes que le géographe pourrait être tenté d’y voir avant tout un grand chemin de guerre. C’est par là que passèrent les armées des Mèdes et des Perses et que plus tard descendirent les Macédoniens d’Alexandre, suivis par tant d’autres bandes guerrières, pendant les siècles de l’histoire écrite. Toutefois, la vie pacifique, représentée par le commerce, empruntait également cette voie : les indus-