Page:Reclus - L'Homme et la Terre, tome III, Librairie universelle, 1905.djvu/249

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continent australien

semble n’avoir joué qu’un rôle infime dans l’histoire de l’homme. Certes les habitants y ont développé une civilisation dont l’étude ne le cède en intérêt à aucune autre, mais on ne peut dire qu’elle ait jamais réagi sur les société environnantes. Le territoire est trop vaste et la nature trop différente des petites terres polynésiennes, il absorbait sans retour, pour ainsi dire, la population qui s’y présentait. Les Australiens se sont adaptés aux immenses étendues, ils sont devenus
D’après F. W. Christian.
metalanim
Entrée du caveau appelé le tombeau de Chanteleur.
frères du kangourou, mais l’expérience qu’ils ont faite de la lutte pour la vie n’a point servi à d’autres peuplades. Haddon reconnaît dans la population australienne plusieurs couches successives : Negrito, Papoua, Dravidiens, Malais ont tour à tour envahi la terre australe ; néanmoins le sol les a modelés, l’action résultant du climat, de la nourriture, de l’occupation a donné aux Australiens un caractère spécial qui permet de les classer comme race à part au même titre que tant d’autres peuples provenant d’éléments hétérogènes, Tasmaniens disparus, Mélanésiens, Dravidiens, etc[1].

De toutes les migrations humaines, celle des Malais cinglant vers Madagascar est la plus étrange. À première vue de la carte, il semblerait naturel d’attribuer à la côte africaine voisine la provenance des populations malgaches, mais, outre que les indigènes de l’Afrique sud-orientale sont très mauvais marins, les vents et les courants sont contraires au voyage qu’il faudrait entreprendre pour se rendre des bouches du Zambèze vers le littoral de la grande île ; d’autre part, l’évi-

  1. Voir la carte en couleurs n° 5.