Page:Reclus - L'Homme et la Terre, tome III, Librairie universelle, 1905.djvu/343

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causes de l’ébranlement des nations

encore démontrée, elle est trop plausible pour que l’esprit ne s’y attache pas tout d’abord. Les relations de cause à effet, que l’on observe dans les mille petits mouvements de l’histoire entre les conditions changeantes du milieu et les réactions de cette ambiance sur les populations qu’elle baigne, doivent se retrouver en proportions d’autant plus grandes dans l’influence des phénomènes majeure de la vie du globe sur la vie des nations. Une crue fluviale, l’incendie d’une forêt, l’apport des sables dans une crique ou l’affaissement imperceptible du sol causent la ruine ou la prospérité des villages et des villes, les forcent à se déplacer ou y font affluer la foule des alentours ; de même, toutes les révolutions de la terre et de la mer, tous les puissants météores, vents, orages, pluies, et surtout les sécheresses prolongées qui font évaporer les lacs, perler les efflorescences salines, flétrir et brûler les herbes, ont pour conséquence inévitable des changements profonds et rapides dans la destinée des peuples.

D343- porte romaine a treves -liv3-ch2.png

Cl. Sellier.

porte romaine à trèves

On sait à n’en point douter que l’aire habitable de la Kachgarie, entre Tian-chan, Pamir et Kuen-lun, s’est considérablement rétrécie depuis une douzaine de siècles, mais le bassin du Tarim est une bien petite fraction du monde asiatique et il faudrait un plus vaste