Page:Reclus - L'Homme et la Terre, tome III, Librairie universelle, 1905.djvu/418

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l’homme et la terre. — seconde rome

Même lorsque l’Arménie n’était occupée par l’empire d’Orient qu’en une faible étendue de son domaine ou qu’il ne maintenait ses troupes sur aucun point du territoire, elle n’en était pas moins une dépendance naturelle de Constantinople par le mouvement de migration, soit temporaire, soit permanente, qui entraînait les montagnards vers la grande cité. „Εἰς τὴν πόλιν” « Vers la ville », expression dont les Turcs ont fait « Stamboul », était le cri d’innombrables immigrants.

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constantinople : sainte-sophie (532-537)
Les minarets sont de l’époque turque.


Comme de nos jours, la ville du Bosphore, âpre dévoratrice d’hommes, alimentait incessamment son travail par des importations de matière humaine provenant de toutes les contrées environnantes : Thraces et autres péninsulaires, gens de l’Archipel, marins et ouvriers, montagnards du Caucase qui vendaient leurs filles, Lazes de l’Anatolie qui faisaient le service du port comme bateliers et portefaix, et surtout Arméniens qui se prêtaient à tous les services, depuis celui de balayeurs de rues jusqu’à celui de ministres et régents de l’empire.

Parmi eux la proportion de ceux qui portaient le nom de « Juifs » à