Page:Reclus - L'Homme et la Terre, tome III, Librairie universelle, 1905.djvu/445

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causes du recul subséquent

dans le harem où elle n’est désormais qu’une esclave destinée à la seule satisfaction de son seigneur et maître, et dont il se croit tenu de ne parler qu’en termes avilissants. Comment peut se faire, en ces conditions, l’éducation
intérieur d’un harem ancien à damas.
(Civilisation des Arabes, par G. Le Bon.)
des générations nouvelles ?

La question de la propriété se mêla aussi à ces grands événements. N’y avait-il pas dans la fureur de l’Arabe contre le monde chrétien quelque chose de la haine du nomade, ignorant la barrière des domaines privés, contre les propriétaires individualistes qui posent des dieux termes aux quatre coins de leur sol[1] ? Sans doute, il n’est pas une différence entre peuples qui ne soit une cause d’aversion. Les Arabes devaient haïr les Bysantins et tous les peuples à civilisation romaine qui se partageaient le sol en qualité de propriétaires particuliers, possédant le droit personnel d’user et d’abuser. D’ailleurs, ils apportaient une autre forme de propriété : le régime communautaire de la tribu, et c’est à ce régime qu’il faut certainement attribuer les raisons majeures de la prodigieuse rapidité des conquêtes arabes. Au

  1. Pierre Kropotkine ; — Ernest Nys, Autour de la Méditérranée, p. 5.