Page:Reclus - L'Homme et la Terre, tome III, Librairie universelle, 1905.djvu/467

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conquête de l’espagne

ment de flux rapide, suivi par un long reflux ; mais, après le séjour des étrangers musulmans, l’Espagne se trouvait complètement transformée. L’influence profonde des Arabes sur les mœurs et la manière de penser, de même que sur les caractères physiques de la race, s’est sensiblement perpétuée ; les types de figures, les attitudes, le genre de vie se ressemblent d’une manière étonnante, de l’un à l’autre côté du détroit.

D467- alhambra de grenade -liv3-ch4.jpgCl. J. Laurent y Cia

alhambra de grenade. — vue générale de la cour des lions.


Les maisons andalouses, de même que celles des Orientaux, regardent en dedans, vers le patio : la langue espagnole contient encore de nos jours plus de deux mille mots arabes, beaucoup plus que de termes germaniques apportés par les Visigoths, et la partie sémitique du vocabulaire castillan est précisément la plus importante au point de vue du développement industriel et mental : elle indique une période de grands progrès dans le travail et dans la pensée. Le sol même de l’Espagne porte les traces évidentes de l’antique domination arabe, puisque montagnes, fontaines et rivières sont encore en grand nombre désignées par des noms que donnèrent les conquérants orientaux : on énumère, en Espagne, 449 ayuntamientos, ou communes, dont