Page:Reclus - L'Homme et la Terre, tome III, Librairie universelle, 1905.djvu/501

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traits physiques de l’irlande

breux, étaient ceux où abordèrent naturellement les navigateurs de l’Europe occidentale et de la Méditerranée, Phéniciens, il y a deux ou trois mille années, puis Espagnols et Français et même, plus tard, Barbaresques. La partie nord-orientale de l’Irlande, tenant déjà par
pièce d’échiquier,
présent d’harun-al-rachid à charlemagne.
un seuil sous-marin à l’Ecosse, avec laquelle on projette de la réunir soit par une galerie profonde, soit par un viaduc prodigieux, devait être fréquemment en rapport avec la terre voisine ; elle lui fournit d’abord ses propres émigrants, les Scots, qui donnèrent leur nom à l’Ecosse ou Scotland et plus tard servit de chemin à l’émigration récurrente des colons et des industriels écossais. Enfin le Leinster et surtout le Meath, situés en face des côtes anglaises, devaient attirer vers leurs terres fertiles les laboureurs et les commerçants de la rive opposée. Tant que l’invasion des idées venues de la terre orientale se lit d’une manière pacifique, cette large plaine, où l’on accède par la baie de Dublin et qui s’avance comme un parvis à l’entrée d’un temple, devait être pour le reste de l’île comme un foyer de rayonnement intellectuel : dans les siècles suivants, lorsque les Anglais s’y furent solidement établis, ce fut aussi un centre de conquête d’où les envahisseurs s’avancèrent graduellement vers les massifs du pourtour insulaire, réduisant ou exterminant les tribus, qui manquaient de la cohésion nécessaire à une résistance victorieuse.