Page:Reclus - L'Homme et la Terre, tome III, Librairie universelle, 1905.djvu/563

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constitution des états de l’église

sacrait les rois et les empereurs, ne détenait-il pas un pouvoir divin qui le plaçait au-dessus de tous les hommes ? C’est là ce que les papes affirmèrent désormais : à cet égard, la doctrine de l’Eglise était définitivement fixée, d’autant mieux qu’elle eut soin de formuler
Cabinet des Estampes.D'après une photographie.
icône de l’église orthodoxe grecque.
nettement le prétendu droit par une collection de décrétales que l’on attribuait aux papes des six premiers siècles de l’ère chrétienne. On y crut ou feignit d’y croire pendant sept cents années, jusqu’à ce qu’elles fussent démontrées fausses ou du moins falsifiées, après la Réformation.

Cependant les empereurs d’Allemagne, bien que couronnés par les papes, leur disputaient énergiquement le pouvoir. Il s’agissait alors d’un duel à mort entre deux maîtres qui, logiquement, par le fait même des doctrines que l’un et l’autre proclamaient, avaient également droit à l’autorité absolue et universelle. Le monarque qui, le jour même où il montait sur le trône, prenait dans la main gauche le globe, symbole de l’univers, et qui, de la main droite, saisissait le sceptre, indice du commandement, n’était-il pas clairement désigne aux yeux de tous comme le dominateur unique ? Et, d’autre part, celui qui avait planté sa croix au sommet même du globe ne siégeait-il pas ainsi en souverain du souverain ? N’était-il pas reconnu implicitement comme le dispensateur des choses de la terre par celui-là même auquel il avait