Page:Reclus - L’Homme et la Terre, tome 1, Librairie Universelle, 1905.djvu/490

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l’homme et la terre. — Caucasie

de montagnes, elle était, pour ainsi dire, dictée d’avance, et depuis cette époque, elle n’a point changé. La civilisation qui prévalait dans ces contrées à l’époque de l’influence assyrienne paraît avoir été, à bien des égards, supérieure à celle des populations actuelles, puisque des canaux d’irrigation rayaient les lianes des collines au-dessus de toutes les vallées et que maintenant on en est réduit à des projets pour les rétablir à grands prix. Il reste encore beaucoup à faire pour restaurer en leur ancien état les réseaux d’arrosement dans toute l’antique Arménie ; la longue sujétion du peuple l’a privé de l’énergie nécessaire pour le bel aménagement de son domaine.

Après les Assyriens vinrent les rois Mèdes, dont l’Arménie resta tributaire ; puis Cyrus supplanta les souverains de la Médie, pour agrandir encore leur empire et rattacher plus étroitement à sa puissance la nation des Haïkanes ; enfin, lorsque la domination persane s’écroula, l’Arménie partagea le destin de toutes les contrées qu’embrassait la conquête d’Alexandre. Le pays de l’Ararat faisait désormais partie du monde assujetti à l’Occident.


masque remplaçant les gravures de František Kupka - cul-de-lampe