Page:Reclus - L’Homme et la Terre, tome 1, Librairie Universelle, 1905.djvu/534

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l’homme et la terre. — potamie

on connaisse la date appartient au temple de Sargon d’Agade (Chargina) et n’a pas moins de 5 700 années.

Les montagnes artificielles que dressèrent les Chaldéens, pour placer sur le socle terminal la résidence de leurs dieux, ne furent point l’œuvre d’architectes inconscients : elles donnèrent naissance à de véritables constructeurs très savants dans l’art de mesurer le sol, de poser les matériaux, d’en calculer la résistance : toute une science géométrique se développa avec un grand détail de problèmes et de solutions.

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birs-nimrud, ruines de la tour de babel


D’après von Ihering, c’est également à ces immenses travaux d’architecture que les Chaldéens auraient été redevables de leur initiation dans la division du temps. Pour de pareilles besognes il leur fallait indiquer les heures de travail et les heures de repos, choisir également un jour pour la complète cessation des efforts musculaires et la reconstitution, de l’énergie : ce fut le sabatu, le « sabbat », que l’on consacra d’abord très simplement à la récupération des forces, et qui, plus tard, chez les juifs, et spécialement chez les chrétiens fanatiques, allait être transformé en jour de prière, de macération et de mortel ennui. Les nécessités du travail avaient si bien réglé la vie chez les Chaldéens que les dieux eux-mêmes étaient censés se reposer le septième jour. Ainsi le monde fut créé en six jours, et le septième jour, Dieu se délassa de son