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villes de chaldée

devenue province de cet immense empire où Lugal avait « puissance sur toutes choses pour faire vivre tous les peuples en paix »[1]. De la plaine méridionale où s’élevaient, voisines les unes des autres, les puissantes citées de Nippur, Ur, Erekh, Eridu, Sippar, ayant chacune son dieu ou sa déesse[2] qui, à l’instar des rois, prétendait demeurer indépendant de tous les dieux voisins, le centre de culture remonta peu à peu vers le

D551- fragment d’un plan de babylone. -L2-Ch 3.png
 
fragment d’un plan de
babylone
nord et trouva son point le plus stable à l’endroit où les deux fleuves rapprochent leurs
cours et entremêlent leurs canaux. C’est là que se dressa Babel, qui, de toutes les grandes cités du
monde, garda le plus longtemps la domination politique sur de vastes empires. Cependant, durant les nombreuses générations qui se succédèrent sous
le pouvoir des souverains de Babylone, la puissante métropole eut certainement à subir de grandes vicissitudes par suite des guerres et des révoltes, puisque vers l’époque où naquit l’empire d’Assur, il y a plus de trente-six siècles, le plus


fier monument de Babel, la fameuse tour à étages de Borsippa, désignée par la tradition sous le nom de « Tour des Langues », n’était déjà plus qu’une ruine.

C’est ainsi que s’exprime à cet égard un hymne en langue akkadienne, traduit par Lenormaht : « Le temple des Sept Lumières a été construit par le roi le plus antique, mais il n’en avait pas élevé le faîte… Les pluies et les tempêtes avaient fait éclater la construction en adobes, les revêtements en briques s’étaient fendus, les massifs s’étaient écroulés en collines. Encore plus détériorée était la pyramide

  1. National Society of Geography, 1897, p. 172.
  2. P. Jensen, Assyrisch-Babylonische Mythen und Epen, p. 290 ; — A. Loisy, Les Mythes babyloniens, p. 3.