Page:Reclus - L’Homme et la Terre, tome 1, Librairie Universelle, 1905.djvu/561

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débris de l’antique civilisation

Mais l’imagination des hommes ne veut pas admettre la cessation
(Musée du Louvre.)Cl. Giraudon.
assyrie, génie a tête d’aigle
de la vie. Une grande cité où vécurent des millions d’hommes paraît toujours vivante, ne fût-ce que de fantômes et d’esprits. C’est pour cela que notre vénération s’attache au sol aujourd’hui désert et jadis foulé par tant de pas ! Mainte ville, vers laquelle les immigrants se portaient en multitudes, a été transformée en cimetière et les cadavres suivent maintenant la route des vivants. Déjà lorsque Babylone était une ville naissante, son aïeule Erekh ou Warka, la « cité des livres » chaldéens, était tenue pour la cité sainte par excellence comme lieu de sépulture, et cette gloire lui est restée. L’emplacement de l’antique ville est entouré de nécropoles qui s’étendent à des lieues de distance. Lors des anciens jours, les riverains d’en haut jetaient leurs cadavres dans les eaux