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journal de la commune

de 45 000 hommes dominent la situation… Le Gouvernement qui vous adresse ces nouvelles est un gouvernement de vérité… Il est bien entendu que tout agent de l’autorité qui pactiserait avec le désordre sera poursuivi comme coupable de forfaiture. »

Prussiens et Versaillais, à l’envi, ont mis les départements à l’entour de Paris en état de siège.

Nous apprenons que les grandes villes : Lyon, Marseille, Toulouse, Limoges, Grenoble, Avignon, Lille appuient le mouvement de Paris ; on parle même de combats sanglants qui auraient été livrés. Malheureusement nous ne connaissons ces événements, vu l’interruption des communications postales, que par l’intermédiaire du Gouvernement de vérité qui annonce à Paris que le parti du pillage et de l’assassinat a été écrasé à Lyon, en même temps qu’il annonce à Lyon que le parti de l’assassinat a été vaincu à Paris.

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Il faut des élections au plus tôt ; il nous en faut, car sans élections et peut-être même malgré les élections, nous serons plongés dans les horreurs de la guerre civile. Les fusils partent tout seuls — déjà le sang a coulé sur les places publiques.

Thiers s’est vanté d’avoir accompli des prodiges en déménageant tous les ministères et toutes les administrations de leurs employés et de leur argent. — Les gros bonnets et les grands personnages de la réaction sont en sûreté à Versailles. C’est de leur camp retranché qu’ils ordonnent maintenant aux bourgeois secondaires, à la masse vulgaire des partisans de l’ordre, de la religion et de la propriété de risquer la bataille dans les rues de Paris, à propos des élections annoncées pour dimanche matin, — dont leurs journaux engagent les électeurs à s’abstenir délibérément.

La liste de ces amis de l’Ordre est au grand complet. Il n’y manque pas un seul journal réactionnaire, les libéraux y sont en masse. Autour des ennemis de la République, Figaro, Pays, Constitutionnel, Gazette de France, se sont ralliés les tièdes amis de la République : le Temps, la Cloche, le National.

À cet acte décisif, toute la presse dite « respectable » s’est associée. Et s’il n’y avait que la presse ! Cinquante maires et adjoints et seize représentants de Paris, parmi