Page:Reclus - Le Rhin français.djvu/41

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rénées un accès à la péninsule ibérienne ; nous établirons ainsi la liaison avec l’Amérique du Sud, devenue une partie de notre empire ».

Ce vertige d’ambition consterne. L’Allemagne va dévorer l’Europe et l’Amérique, sans compter l’Asie, visée par le chemin de fer de Bagdad, et l’Afrique, passionnément convoitée. Or, l’Allemagne touche à la Russie, quarante-deux à quarante-trois fois plus vaste que la terre teutonne, et d’une population presque triple, s’augmentant deux à trois fois plus vite que la pullulance des Boches ; elle touche aussi à la France, nation vivace, électrique ; elle est à deux pas de l’Angleterre, maîtresse des mers ; elle prend sans façon l’Amérique méridionale, trente et tant de fois plus grande que le domaine de Berlin, habitée par une race entêtée d’entête-