Page:Recueil général des anciennes lois françaises, tome 21.djvu/24

La bibliothèque libre.
Sauter à la navigation Sauter à la recherche
Le texte de cette page a été corrigé et est conforme au fac-similé.


de Conti n’étoit pas appelé par le testament au conseil de régence, que cette place lui étoit due en qualité de prince du sang, et qu’il lui paroissoit que la règle que l’on établiroit pour l’âge à l’égard de M. le duc, devoit servir d’exemple pour M. le prince de Conti, qui étoit le seul que le choix pût regarder, les autres princes du sang étant trop jeunes.

Qu’il connoissoit que l’éducation du roi étoit remise en de très-bonnes mains, puisqu’elle étoit donnée à M. le duc du Maine ; mais qu’il avoit sur cela deux réflexions à faire faire à la cour.

La première, qu’il ne pouvoit voir déférer à un autre qu’à lui régent, le commandement des troupes de la maison du roi ; que la défense du royaume résidoit en la personne du régent, et qu’il devoit par conséquent être le maître d’un moment à l’autre de faire marcher les troupes, et même celles de la maison du roi, partout où le besoin de l’Etat l’exigeroit ; qu’ainsi il demandoit le commandement entier des troupes, même de celles de la maison du roi ; que la seconde réflexion qu’il avoit à faire faire à la compagnie étoit, qu’il n’étoit pas convenable que M. le duc fût dans la dépendance de M. le duc du Maine pour les fonctions de la charge de grand-maître de la maison du roi, et qu’il demandoit que les gens du roi donnassent leurs conclusions sur tous ces chefs.

M. le duc de Bourbon a dit, qu’après ce que M. le duc d’Orléans avoit eu la bonté de représenter en sa faveur à la compagnie, il n’avoit plus qu’à en attendre la confirmation ; persuadé qu’elle voudra bien lui donner dès à présent l’entrée au conseil de régence, et qu’il espéroit qu’en lui donnant place dans ce conseil la compagnie concourra encore par ses suffrages à lui accorder le titre de chef de ce conseil, et la présidence en l’absence de M. le régent ; qu’il croyoit aussi que l’on ne voudroit pas l’obliger à être subordonné à M. le duc du Maine, pour les fonctions de grand-maitre de la maison du roi, ce qui ne conviendroit ni à sa naissance ni à la dignité de sa charge.

M. le duc du Maine a parlé en ces termes :

« Messieurs, je suis persuadé, ou du moins je veux me flatter qu’en ce qui peut avoir rapport à moi dans la disposition testamentaire du feu roi de glorieuse mémoire, M. le duc d’Orléans n’est pas blessé du choix de ma personne pour l’honorable emploi auquel je suis appelé, et qu’il ne l’est que sur les choses qu’il croit préjudiciables à l’autorité qu’il doit avoir, et au bien de l’Etat, et que par conséquent, ne considérant