Page:Reland - Institutions du droit mahométan relatives à la guerre sainte, trad. Solvet, 1838.djvu/28

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entre les mains des Musulmans, elles sont esclaves, et il n’est pas besoin qu’elles aient été prises précisément dans le combat. Il en est de même des enfans impubères. Quant aux hommes adultes pris dans la chaleur de l’action, ils doivent tous être tués sur le champ, à moins qu’ils n’embrassent la foi musulmane et le Prince peut à son choix donner l’ordre ou de leur trancher la tête ou de les abandonner à la mort, après leur avoir coupé les pieds et les mains. Mais si aussitôt qu’ils sont pris, ils déclarent embrasser la foi musulmane, ou s’ils ne sont pris qu’après le combat terminé, ils ne sont pas mis à mort et le Prince reste le maître ou de les rendre à la liberté, soit gratuitement, soit à prix d’argent, ou de les échanger contre d’autres prisonniers faits par l’ennemi, ou enfin de les réduire en servitude.

Si un harbi se convertit à l’Islamisme sur les terres des Infidèles, il s’assure ainsi et la vie sauve et la propriété de ses biens meubles ; mais ses immeubles, comme les terres et les maisons appartiennent dès lors aux Musulmans. Relativement aux enfans en bas âge et au fruit de la femme enceinte prise à la guerre, on les considère comme libres, la femme elle-même demeurant toujours esclave.

Par le mot butin, en arabe ghanima, on entend tout ce qui tombe entre les mains des Musulmans soit dans l’action, soit dans la poursuite de l’ennemi, soit par le droit de la force et de la victoire. Le butin se divise en trois espèces de choses :

1° Les choses mobilières comme l’or, l’argent, le cuivre, les marchandises, etc.

2° Les choses immobilières comme les terres et les maisons ;

3° Les prisonniers, hommes, femmes et enfans.

À la première espèce de choses appartient aussi ce que les Arabes appellent salb, dépouille, et la dépouille d’un Infidèle revient de droit à celui qui l’a tué, car elle n’est pas partagée entre tous les combattans comme le butin proprement dit.

La dépouille comprend les habits, la coiffure, les bottes, les souliers, les colliers, les bracelets, la bourse, les bagues, l’argent monnoyé (quoique plusieurs auteurs soutiennent que les trois dernières choses n’appartiennent au vainqueur que si le Prince en a ainsi ordonné), les armes, comme la lance, l’épée, le casque, etc. le cheval de guerre avec son armure et son harnois et le cheval de rechange que l’on mène devant le cavalier ; mais elle ne comprend pas le cheval qui suit par derrière, le porte-manteau rempli d’effets ou d’argent, lors