Page:Reland - Institutions du droit mahométan relatives à la guerre sainte, trad. Solvet, 1838.djvu/37

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peut en demander la délivrance ; mais si l’on ne trouve rien et que par conséquent il ne puisse rien demander particulièrement, le trésor public est débiteur à son égard.

Si quelqu’un des futurs co-partageants meurt après une année entière écoulée depuis l’époque où les choses à partager ont été recueillies, sa quote-part passe à ses héritiers. S’il meurt avant l’année écoulée, ses héritiers obtiennent une part proportionnelle au tems que leur auteur a vécu après que ces choses ont été recueillies : mais s’il meurt avant que rien n’ait été recueilli, ses héritiers n’ont aucun droit à exercer.

Tout ceci ne concerne que les choses mobilières ; quant aux immeubles tels que les terres et les maisons, ils deviennent wakf, sont convertis à des usages pieux et leur revenu est distribué une fois par an, suivant le mode que nous avons indiqué, ou bien encore ils sont vendus et la rente condition de la vente est partagée de la même manière.

Les quatre autres parts du butin sont partagées entre les vainqueurs, nom qui comprend tous ceux qui ont pris les armes dans l’intention de combattre pour la cause de la religion, lors même qu’ils n’auraient pas combattu. Cependant il faut qu’ils aient été présens à l’armée avant la conquête du butin, autrement ils n’y auraient aucun droit. Celui qui meurt après le combat terminé, quoique tout le butin n’ait pas encore été rassemblé, acquiert un droit au partage, droit transmissible à ses héritiers ; mais s’il succombe dans l’action même, ses héritiers n’ont rien à prétendre. Néanmoins les docteurs persans soutiennent que les enfans sont habiles à recueillir une part du chef de leur père, lors même que leur naissance étant antérieure à l’acquisition du butin, précède cependant le partage, et d’après les mêmes docteurs, ceux qui sont venus se rallier aux Musulmans après que le butin a été fait, ont droit aussi à une part, pourvu qu’ils soient arrivés avant le partage opéré. Les Schaféïtes au contraire, refusent aux enfans aussi bien qu’aux femmes, aux esclaves et aux Infidèles le droit de part au butin et sont d’avis qu’il suffit de les gratifier d’un don de moindre valeur appelé rezk. On trouve pourtant des docteurs qui pensent que lorsque les esclaves ont marché à la guerre du consentement de leurs maîtres, ils ont droit à une part virile, et d’autres émettent l’opinion que si un esclave a combattu avec le cheval de son maître, il doit remettre à ce maître la plus grande partie de ce qu’il a reçu lui-même.

Les marchands, les ouvriers, les cordonniers, les tailleurs, les valets et en général tous ceux qui marchent à la suite de l’armée, reçoivent une part de butin s’ils ont combattu. Il en