Page:Relation d'une conspiration tramée par les nègres dans l'isle de Saint-Domingue, 1758.djvu/5

La bibliothèque libre.
Aller à : navigation, rechercher
Cette page a été validée par deux contributeurs.
5

Pluſieurs ont avoué qu’ils avoient empoiſonné des Negres à qui ils avoient offert du poiſon ; mais qui leur paroiſſoient être trop affectionnés à leur Maître & qui auroient pu les découvrir.

François Macandal a découvert trois eſpèces de poiſons, dont il y en a de ſi dangereux & de ſi violens, que des chiens à qui les Médecins & Chirurgiens en ont fait prendre, ont crevé ſur le champ. Il y en a d’autres dont l’effet eſt plus lent, qui font languir cinq ou ſix mois, mais dont il faut toujours néceſſairement périr.

Nous ſommes effrayés de voir que preſque tous les coupables, ſont ceux qui travaillent à la grande caze, & en qui l’on a le plus confiance, le cocher, le cuiſinier, & les autres domeſtiques dont nous nous ſervons.

Ils prenoient préciſément le temps où leurs Maîtres avoient 15 ou 20 Blancs à table & donnoient des feſtins. Ils mettoient le poiſon dans le thé, dans la soupe ou d’autres mets ; ſans s’embarraſſer de faire périr des habitants à qui ils n’en vouloient pas, pourvû que ceux à qui ils en vouloient périſſent.

Nous tremblons d’aller les uns chez les autres, & nous ne ſavons à qui nous fier, étant impoſſible de ſe paſſer du ſervice de ces miſérables.

On a obtenu de quelques-uns la compo-