Page:Remy - Les ceux de chez nous, vol 9, J'écris une belle lettre, 1916.djvu/11

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avec un point ou une virgule, excepté quand il dit qu’il voudrait bien de l’argent pour boire une goutte.

Respondez, à c’t’heure, que Trinette me dit en ressuyant ses yeux avec le drap.

— Mais quoi est-ce qu’il faut répondre, je ne sais pas quoi.

Kimint donc, vos, qui v’s’estez instruit, vos n’savez quoè responde. Mains qu’iv z’apprint-on donc è voss sicole ?

— Nous ne sommes pas encore arrivés si loin dans ma classe. Nous faisons seulement dictée, calcul, problème.

Tcha, tcha, tcha, vola on bai orimiel èdon qui vous esse prumîre è s’ sicole, et n’sé tant seulmint nin mette treus mots sol’ papi po m’galant.

— Je sais bien écrire, mais je ne sais pas quoi qu’il faut dire à cet homme-là que je ne connais pas, moi, je ne l’ai jamais vu.

C’est on bai gros crolé valet avou des rogès chiffes, on neur mustach et l’air tot plein de fougue. Tournez voss lette à c’t’heure

— Faut-il peut-être lui parler de pèquet aussi ?

Nôna, il n’tusereut pu qu’à çoulà. Ji n’voux nin n’saulaye. Ine homme a dreu dè heure quéquès gottes po s’rèjowchon. Mains î n’fâreut nin todi et todi. Adon on pièdreut l’gosse et on n’aureut pu nou plaisir po on huffion.

— Mais alors, de quoi faut-il parler ? Si je savais comme vous avez fait la dernière lettre ?