Page:René de Pont-Jest - La Duchesse Claude.djvu/405

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mari et de l’autoriser en quelque sorte à te délaisser tout à fait.

— Comment, c’est toi qui me conseilles de garder des ménagements ? Tu voudrais que je laissasse le duc se servir de ma fortune, de celle que tu m’as si généreusement donnée, pour satisfaire aux fantaisies d’une Léa Morton ! Il fera ce que bon lui semblera, mais je n’aurai pas cette faiblesse, je ne commettrai pas cette lâcheté. Oh ! ne crois pas que ce soit par jalousie ; je n’ai jamais eu d’amour pour mon mari et il ne m’inspire aujourd’hui que du mépris ; mais je ne veux pas qu’il me prenne plus longtemps pour une sotte trop heureuse de porter son nom ! Je le laisserai libre d’user à sa guise de nos revenus ; s’il ne ma donne pas assez d’argent pour mes besoins personnels, je m’adresserai à toi, voilà tout.

— Mais non, je ne te blâme pas, au contraire ! Je te préfère ainsi ; cela me rassure en partie pour l’avenir ! Lorsque je ne serai plus là, tu sauras au moins te défendre. Du reste, je suis sûre que M. Guerrard ne t’abandonnera jamais. Il m’a juré encore hier que si cela devenait nécessaire, il saurait bien se mettre entre toi et M. de Blangy-Portal.

— Tu as donc vu le docteur à Paris ?

— Oui, je l’ai rencontré par hasard, et tu penses si nous avons parlé de toi. C’est un brave cœur qui ne se pardonne pas de t’avoir si mal mariée et nous aime sincèrement toutes les deux. C’est pour cela qu’il me tarde que tu rentres rue de Lille, car alors il pourra toujours être au courant de ce qui se passera dans ton intérieur.

— Nous quitterons bientôt Houlgate.