Page:René de Pont-Jest - Le Cas du docteur Plemen.djvu/121

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Mme Deblain voulait, ainsi que cela se fait en Angleterre, donner des fêtes à la campagne pendant l’hiver, et toutes ses amies applaudissaient des deux mains à cette nouveauté de grand ton.

La jeune femme était donc constamment sur la route du château. Souvent elle y déjeunait, pour ne revenir en ville qu’à l’heure du dîner, avec celui qu’elle appelait familièrement « son grand artiste ».

Un matin, Plemen entra chez son ami, au moment où Rhéa, qui venait de monter dans son phaéton, recevait les guides des mains de son valet de pied, car elle conduisait elle-même.

Son mari, toujours attentionné, lui faisait mille recommandations de prudence.

— Comment, vous, docteur ? fit-elle avec un sourire en apercevant son voisin, qu’elle n’avait pas vu depuis plusieurs jours. À pareille heure ! Quelle bonne fortune ?

— Tout simplement, chère madame, répondit Erik en serrant la main que Raymond lui tendait, parce que mes malades et mon cours me laissent aujourd’hui un peu de liberté.

— Alors accompagnez-moi à la Malle. Vous verrez mon théâtre.

Mme Deblain allait au-devant du désir de Plemen de se trouver seul avec elle.

— Voyons, sois aimable une fois par hasard ! Il fait beau ; ce sera pour toi une promenade char-