Page:René de Pont-Jest - Le Fire-Fly.djvu/108

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pris alors que tout cela n’était qu’un jeu et que, du singulier champ de bataille où nous nous trouvions, notre bourse seule sortirait blessée.

Après avoir laissé tomber quelques pièces de monnaie dans les mains des mallas, et avoir vu les serpents rentrer fort tranquillement dans leurs corbeilles, nous nous fîmes passage au travers des Indiens pour continuer notre promenade, ou mieux pour rentrer à l’hôtel, car rester dans le quartier des bazars à une heure aussi avancée n’était vraiment pas prudent.

Arrivés à l’extrémité de la ruelle où nous avions laissé les mallas, nous trouvâmes un carrefour. En véritables marins, nous cherchions à nous orienter, à prendre le vent, lorsque, sur notre droite, nous entendîmes des sons d’instrument, qui nous disaient que, dans le quartier voisin, la nuit ne commençait pas aussi promptement que dans celui que nous venions de quitter.

J’interrogeai mon compagnon du regard, mais je n’eus pas besoin d’attendre sa réponse pour comprendre. Son sourire moqueur et sa moue interrogative me disaient parfaitement : — Eh bien ! allons-nous à droite ou à gauche ?

En prenant à gauche, nous eussions rejoint le quartier européen et gagné l’hôtel.

Nous allions prendre de ce côté en tournant le dos à l’aire du vent qui nous avait apporté ces bouffées musicales, lorsqu’aux sons des gongs et des guitares