Page:René de Pont-Jest - Le Fire-Fly.djvu/144

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Elle donna rapidement à ses bahîs l’ordre de retourner à la ville ; le houkabadar leur fit en notre nom une distribution de roupies, en leur recommandant de ne dire à personne la route qu’avait prise leur maîtresse et ils nous quittèrent pour rentrer à Tanjore.

Nous n’avions pas un instant à perdre. La lune était assez brillante pour que nous pussions nous passer de torches, nous les fîmes éteindre, et nous disposâmes notre cortège. Le palanquin de sir John ouvrait la route, celui de Goolab-Soohbee venait ensuite ; le mien était l’arrière-garde. Tout décidé ainsi, nos bahîs reprirent leur fardeau. Bientôt nous laissâmes derrière nous Tanjore, la pagode et les mausolées, en nous dirigeant vers Tritchinapaly.

Au bout d’un instant, on n’entendait plus sur la route que la chanson monotone et cadencée des porteurs, qui nous faisaient faire près de deux lieues à l’heure.

Tout en fumant et en rêvant à la singulière aventure dont je me trouvais ainsi un des acteurs, je m’amusai pendant quelque temps à suivre sur le chemin les ombres des coureurs, mais le mouvement du palanquin ne tarda pas à m’endormir. Il me berça si bien que, lorsque je m’éveillai, le jour commençait déjà à paraître.

Je fus d’abord quelques instants sans pouvoir bien me rendre compte de ce que je faisais dans cette