Page:René de Pont-Jest - Le Fire-Fly.djvu/210

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trange allait se passer, était groupé à l’avant, attendant les ordres des officiers.

Je me rapprochai de sir John. Wilson commanda de virer de bord afin de mettre le cap au large.

Les poulies de brassiage crièrent, les voiles fasièrent quelques minutes, puis le Raimbow se couchant doucement sur tribord s’éloigna rapidement de la côte. La route que nous faisions ainsi nous rejetait au milieu du golfe du Bengale, mais ses tourmentes étaient moins à craindre pour nous que ses rivages sans refuges.

Nous allions probablement avoir à lutter contre un de ces terribles ouragans, que fait naître, en avril et en octobre, le renversement des moussons. Mon gros ami en était convaincu. J’ai eu vingt fois l’occasion de juger combien il était bon prophète en pareille matière.

Nous naviguions depuis deux heures, le cap au sud-est, avec une vitesse de sept à huit milles, et nous commencions à perdre de vue la côté, lorsque le vent sauta tout à coup à l’est ; cela si brusquement que, malgré l’aire du bâtiment et la barre tout à tribord, nos voiles furent immédiatement masquées. La mâture fit entendre un craquement, et l’étai de flèche du grand mât ayant été brisé par la secousse, la vergue et le mât de cacatois tombèrent avec fracas sur le pont, en brisant l’épaule d’un malheureux Malabar que, dans leur chute, elles rencontrèrent sur les haubans.