Page:René de Pont-Jest - Le Fire-Fly.djvu/389

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par une ligne noire qui remonte gracieusement vers les tempes. Il a bien soin de les entourer de ce cercle bleuâtre chanté par Nadaud, et de les couronner d’un étroit coup de pinceau eu demi-cercle. Il découpe ensuite une petite bouche d’un rose vif et un menton bien rond de la même couleur. Puis, il jette avec générosité un peu d’ombre ici, un peu de blanc plus loin. Avec un éventail il fait tout sécher, et le visage est fait, jusqu’au lendemain, car l’usage du fard est si fréquent que la peau d’une femme de vingt ans est déjà ridée et qu’il faut recommencer chaque jour la même opération.

Quant au soin que les Chinoises ont de leurs mains, c’est à ne pas y croire. Les onguents dont elles se servent pour les conserver blanches et douces, pour en garder les ongles fermes et roses, feraient la fortune de Piver et de Guerlain. Ces ongles, que le suprême bon ton ordonne de porter aussi longs qu’il est possible, sont chaque soir enduits d’une pâte qui les amollit. Il sont ensuite précieusement roulés et renfermés dans de petits dés en ivoire pour ne se redresser que le lendemain.

Quant aux pieds, je vous ai dit chez Fo-hop tout ce que je savais à ce sujet. Les deux habitantes du bateau de fleurs avaient subi dès leur enfance le supplice de la compression avec des bandelettes. Elles lui devaient de petits moignons informes, de quatre pouces de longueur, qu’elles nous montraient orgueilleusement chaussés de souliers brodés de perles. Le contenant valait mieux que le contenu !