Page:René de Pont-Jest - Le Fire-Fly.djvu/61

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Nous laissâmes tomber quelques roupies dans la main décharnée du vieillard qui, ma foi, voulait les refuser ; nous le remerciâmes en lui souhaitant, au nom de Bouddah, tous les bonheurs et toutes les joies, et, sifflant nos chiens, qui tiraient la langue plus encore que leurs maîtres, nous nous remîmes bravement en marche vers l’habitation annoncée par notre nouveau guide.

Une heure après notre séparation, nous faisions notre entrée chez Sonda Bohadoor. L’Indien auquel nous devions d’être venus vers cette habitation nous ayant précédés, nous trouvâmes, sur le seuil de la maison, l’intendant chargé par le maître de nous recevoir.

C’était un bon gros homme tout habillé de blanc et d’une physionomie pleine de finesse et de bonté. S’adressant à sir John, il lui exprima tout le plaisir qu’avait son maître à nous ouvrir sa maison, et, son petit speech terminé, il nous précéda dans l’appartement qui nous était destiné ; appartement qu’avec un sentiment de joie bien naturelle, grâce à la façon dont nous vivions depuis douze jours, j’aperçus meublé à l’européenne. Mon ami ne me sembla pas non plus insensible à cette découverte ; je vis s’épanouir sur ses bonnes grosses lèvres un sourire de satisfaction.

Rien n’y manquait. Deux grands lits garnis de moustiquaires occupaient presque le tiers d’une vaste chambre qui était nôtre et qui, située au rez-de-