Page:René de Pont-Jest - Le N° 13 de la rue Marlot.djvu/260

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Elles oublient la retenue, la pudeur même, pour n’être plus que des curieuses.

On comprend donc que le 10 juillet, bien avant l’heure fixée pour l’ouverture des débats, la salle de la cour d’assises était envahie.

La tribune des avocats elle-même subissait mille assauts ; les sièges réservés encombraient une partie du prétoire ; les journalistes oubliaient toute galanterie pour prendre possession de leurs places, et quantité de gens, au courant des habitudes du lieu, restaient debout, dans l’espoir d’occuper les bancs des témoins après leur appel, puisque ceux-ci doivent, après cet appel, quitter la salle pour attendre, dans deux ou trois petites pièces voisines, le moment de comparaître devant la Cour.

M. Meslin et Picot étaient naturellement au nombre de ces derniers ; mais l’agent de la sûreté, qui n’avait pas revu le commissaire de police depuis le jour où celui-ci l’avait traité d’imbécile, se tenait à distance de son chef.

Tout près d’eux, on voyait, boutonné militairement et un ruban neuf sur la poitrine, le capitaine Martin, les autres locataires du n° 13, les concierges, le maître d’hôtel Tourillon, ses employés, enfin M. Adolphe Morin en grand deuil et la physionomie bouleversée.